The salvation

The salvation 1

Nous avons eu la chance d'assister à l'avant-première exceptionnelle de ce film réalisé par Kristian Levring lors d'une projection au Palais des Festivals de Cannes. Ce western mené d'une main de maître par Mads Mikkelsen et Jeffrey Dean Morgan a tout de même du chemin à faire face aux plus grands westerns de l'histoire du cinéma, à savoir ceux de John Ford, d'Howard Hawks ou encore du maître Leone.

Le sujet était pourtant prometteur ; Jon (Mads Mikkelsen) souhaite venger sa femme et son fils assassinés par des voyous à la gâchette facile. Il réussit à les tuer mais l'un d'entre eux n'est rien d'autre que le frère du plus grand bandit de l'Ouest ; Delarue (Jeffrey Dean Morgan). Et voilà qu'intervient une soudaine envie de "re-vengeance".

The salvation 2

Les problèmes de ce film sont multiples ; déjà la longueur du film en lui-même. En effet, l'histoire, l'intrigue, les péripéties et surtout le dénouement sont expédiés. 1h30 d'un western qui se veut paresseux. La fin est le point sans doute le plus problématique. À la Clint Eastwood (c'est-à-dire à une dizaine d'hommes contre deux dont un jeune inexpérimenté) la résolution arrive à grands pas. Les méchants meurent et payent de leurs crimes. Madelaine (Eva Green) se lie inévitablement d'amitié (d'affection ?) pour Jon et l'aide à tuer Delarue.

Oui mais encore... Quel besoin filmique de montrer Madelaine prendre les armes pour venir en aide à Jon sur le point de succomber aux tirs de Delarue alors qu'on sait pertinemment qu'elle peut et va intervenir à tout moment pour le sortir de cette impasse ? En tant que spectatrices, nous avons mal pris cette explication trop explicative d'une action à venir. Le public serait-il trop limité pour comprendre que Madelaine ne peut que se venger de l'homme qui abuse d'elle ?

The salvation 3

La présence d'Eric Cantona prête également à sourire car notre Cantona national incarne péniblement la carrure d'un grand criminel de l'Ouest. Mais disons que ce choix d'acteurs est secondaire. Le film doit son succès (si succès il y aura) aux deux acteurs phares que sont Mads Mikkelsen (magnétique) et Jeffrey Dean Morgan (sensuel en tueur au coeur de pierre).

Il est en effet très difficile de s'attaquer au film de genre étant donné son passé cinématographique. Certaines références restent malheureusement anecdotiques comme celles du western-spaghetti de Leone avec le justicier seul contre tous ou encore le silence troublant de Madelaine que nous avons tout de suite mis en lien avec le film de Sergio Corbucci, Il grande silenzio. La fin de The salvation est l'exacte représentation de ce qu'on nomme le "happy end" et ce choix affaiblie un film déjà fragile.

En bref, ce film est handicapé par la mise en scène, les choix narratifs et filmiques mais le casting relève le niveau et permet d'y croire seulement par moment.

The salvation 4

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