Au fil d'Ariane

Nous avons eu l’occasion de visionner le dernier film de Robert Guédiguian le vendredi 6 juin 2014 au cinéma l’Alhambra de Marseille. Au fil d’Ariane nous a donc été présenté par son réalisateur mais également par l’actrice principale, Ariane Ascaride et Gérard Meylan.

D’entrée de jeu, Guédiguian a été sincère et honnête avec son public : son film est une pure fantaisie. Cette mise en garde s’est révélée efficace puisqu’à la sortie, les avis ont été très partagés.

Les premières minutes sont assez surprenantes : des images en relief défilent rapidement et présentent un décor qui s’apparente davantage à une maquette, la caméra est très mobile et balaie les différentes pièces de manière fuyante. Nous avons été dubitatives quant à l’emploi de telles technologies pour introduire le récit parce que nous n’y trouvons aucun intérêt et aucune pertinence pour la narration.

Néanmoins, si le début semble décevant, Guédiguian nous régale toujours autant quand il fait ce qu’il sait faire, quand il nous montre son cinéma, sa ville, ses paysages méditerranéens qu’il connaît si bien.

Ariane 1

Même si Au fil d’Ariane est considéré comme une parenthèse dans sa filmographie, il n’en demeure pas moins que ce film reste fidèle à son univers. Toujours les mêmes acteurs, toujours les mêmes endroits paradisiaques et reculés de la cité phocéenne, toujours les mêmes thématiques.

La nouveauté réside dans l’épopée rocambolesque de la protagoniste. Cette épopée s’organise autour d’une liste très étoffée de références allant de textes brechtiens à ceux de Jean Ferrat, des notes lyriques de « La donna è mobile » aux échos mythologiques du trajet d’Ariane.

Ariane 2

Ariane semble se perdre dans ses déambulations mais c’est en croisant la route du bar-restaurant L’Olympique que sa traversée solitaire est profondément modifiée. Elle prend même un sens inattendu et tout devient subitement évident : Ariane incarne cette idole qui tend à sortir les hommes de l’impasse et des voies condamnées pour leur montrer une toute autre issue.

La nuit, quand les hommes sont en tête-à-tête avec eux-mêmes et confrontés à leurs propres conflits, L’Olympique devient L’Olympe et Ariane devient cette entité bienfaisante qui se soucie de la route qu’empruntent les divers personnages.

Ariane olympique

Cependant, nous avons décelé un bémol. Il semblerait que Guédiguian n’assume pas pleinement la situation désespérée dans laquelle se trouve Ariane. Personne ne vient pour son anniversaire, elle se morfond mais en fait, tout cela n’était qu’un rêve. Toute sa famille lui a fait une surprise et s’est réunie pour elle. In fine, Ariane n’est pas seule, elle n’est pas abandonnée comme celle de la mythologie grecque.

Si la fin nous a laissé dubitatives, nous comprenons quand même le parti pris de Guédiguian. Il nous embarque dans un voyage archéologique où les abysses du rêve et de l’inconscient sont disséqués. Une fantaisie réjouissante et délicieusement onirique.

Ariane fin

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