Cogan Killing Them Softly

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Tuer en douceur c'est à dire de préférence à distance afin d'éviter toutes les lamentations embarrassantes des condamnés, tel est le credo de Jackie Cogan, professionnel du crime. Bien sûr, si Andrew Dominik souhaitait être fidèle à ce principe de mort en douceur en filmant d'une manière figée, ralentie et répétitive, il a réussi.

Le seul bémol vient du fait que ces "effets" filmiques sont vraiment des effets personnels choisis par le réalisateur et qui sont à notre goût trop employés au risque de sombrer dans le pathétique, on notera une mort de Markie Trattman non pas sur-jouée mais sur-filmée. Cette profusion de ralentis, de retour sur une image fixe et d'un esthétisme surdéveloppé sont autant d'éléments qui peuvent entraver la vraie portée du film, que nous trouvons quant à elle profonde et fouillée.

Revenons-en au contenu et laissons la forme de côté... Ce film noir sur fond de discours politique avec un Obama en pleine campagne qui martèle dans son speech les termes d'égalité, de fraternité entre chaque citoyen américain, de solidarité et surtout de travail dans un monde aussi bas où chacun fait son propre business, ses propres magouilles, son propre trafic. Telle est l'Amérique des rues qui est malheureusement la plus vraie, celle du terrain.

Cogan est donc ce paradoxe ou plutôt l'adversaire d'un candidat en campagne qui lui démontre durant tout le film que ces propos sont vains et que ce principe de "solidarité" l'est aussi car les citoyens américains sont bien seuls dans leur misère. Sur ce point, l'analyse d'Andrew Dominik est intéressante car il peint une société en totale contradiction avec les promesses d'un homme et surtout les idéaux qu'il prône.

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Ainsi, ce film n'est pas un simple polar avec un tueur qui a des principes "de douceur" mais une satire du monde dans lequel il s'inscrit. À noter également des acteurs très justes, un Ray Liotta désabusé, un James Gandolfini en fin de carrière professionnelle et un Brad Pitt impitoyable et insensible face aux tâches qu'il doit exécuter.

Nous pouvons conclure sur cette fin poignante où Jackie Cogan blâme Jefferson et ses grossiers principes d'égalité tout comme le discours utopique d'un futur président pour finalement terminer sur une simple constatation, en Amérique on est seul et on ne vit que du business, que ce soit du plus haut grade au business le plus dégradant, l'Amérique n'est que business.

Une morale ou satire (à vous de voir) vraiment saisissante. 

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