Dallas Buyers Club

Si ce n’était pas une histoire vraie, on aurait du mal à y croire, tellement la vie de Ron Woodroof a été extraordinaire. Par conséquent, nous avons apprécié ce film, non pour la technique filmique de Jean-Marc Vallée mais plutôt pour les prestations incroyables des acteurs, Matthew McConaughey et Jared Leto, méconnaissables.

Dallas

Woodroof captive immédiatement le spectateur avec son frasé incisif et vulgaire, sa démarche de cow-boy et ses préoccupations essentielles autour des femmes, du rodéo et des substances illicites. Le premier plan est assez marquant et plutôt efficace pour la suite de la narration. On perçoit une démonstration de rodéo à travers les barres horizontales d’une des portes de l’arène et le son dominant n’est pas celui du spectacle donné mais celui des soupirs de Ron et d’une de ses nombreuses conquêtes. Les sonorités sont graves, assourdissantes et préparent lentement l’arrivée d’une nouvelle dramatique.

Sinon, nous avons été plutôt en reste côté filmique et recherche esthétique. Jean-Marc Vallée ne prend pas le temps de rendre compte de l’état psychologique de ses personnages ou alors trop superficiellement, ce sont les acteurs eux-mêmes qui apportent ce manquement de psychologie et leur engagement, qui sort tout droit de La Méthode de l’Actor Studio, rehausse largement le niveau du film.

Dallas

Il faut dire que le sujet et la thématique sont tellement prenants que tous ces manquements du point de vue de la réalisation n’amoindrissent pas la force du film. Le sida et les ravages qu’il a fait dans les années 80 constituent les piliers narratifs du film et Jean-Marc Vallée réussit haut la main un effet de sensibilisation sans aucune formule moralisatrice. De plus, le fait que Ron Woodroof soit un hétéro convaincu et homophobe engagé, permet de porter le message encore plus loin.

Le combat de Woodroof met surtout en lumière la fermeté des autorités médicales américaines, voire leur obstination mais aussi la mentalité texane de l’époque où la virilité et le monde des cow-boys règnent.

Jared Leto est incroyable et tellement puissant dans la détresse et la faiblesse du personnage qu’il incarne, Rayon, un travesti outrageusement fardé. Jean-Marc Vallée a parfaitement saisi et mis en lumière les corps décharnés et squelettiques de Matthew McConaughey et Jared Leto. Il filme la maladie en jonglant entre distance et proximité et ce choix fonctionne très bien.

Dallas

En bref, c’est un film que nous vous conseillons et qui vaut le détour ne serait-ce que pour la performance juste et vraie des acteurs mais également pour le sujet et l’hommage rendu à un homme, Ron Woodroof, séropositif et d’une certaine façon, vainqueur du sida et des dires des médecins.

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×