Farinelli

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Avec cet autre film, Gérard Corbiau met une fois encore en avant, sa passion pour l’art lyrique et les mises en scène d’époque. Farinelli conte l’histoire d’un des plus grands castrats du monde et livre la relation atypique des frères Broschi. L’un est compositeur, Riccardo, l’autre est chanteur, Carlo. Leur père a toujours œuvré pour que ses fils deviennent des artistes italiens reconnus par de-là les frontières.

Nous avions déjà esquissé les faiblesses cinématographiques de Corbiau avec Le Maître de musique et celles-ci se retrouvent dans ce film-là. Néanmoins, comme toujours, Corbiau s’en sort très bien grâce à son talent de narrateur et ses facilités de metteur en scène.

Stefano Dionisi incarne le grand Farinelli et donne à son personnage, une virulence et une fragilité latente qui sont assez déconcertantes. Riccardo Broschi, joué par Enrico Lo Verso, apparaît comme le compositeur déchu, en manque d’inspiration mais qui rassemble tous ses efforts artistiques pour glorifier la voix divine et céleste de son frère, Carlo.

Les femmes sont en extase en entendant l’organe angélique de Farinelli, elles le désirent, le vénèrent et le veulent pour elles. Cependant, Riccardo apparaît comme le frère fertile qui insuffle la vie à ces femmes, puisque Carlo ne le peut pas à cause de sa castration. L’un est donc le plaisir, la jouissance et l’autre est alors la semence.

La relation troublante qui émane de ce duo fraternel peut sembler sale, impure et inappropriée mais, il est nécessaire de rappeler que Farinelli est considéré comme une divinité par son frère. Farinelli, c’est un être imbibé de sacralité et sa voix est la meilleure preuve de ce miracle.

Le personnage d’Haendel occupe aussi une place très importante dans la carrière du castrat. Les opéras qu’il vole au compositeur servent sa cause puisque sa popularité s’intensifie grâce à ceux-ci. Farinelli et Haendel sont également unis par un rapport artistique assez particulier. Haendel, submergé par les notes prodigieuses prononcées par Farinelli, ne résiste pas et cède physiquement devant cette révélation divine.

En résumé, ce film est inconstant et presque caricatural à certains endroits mais propose tout de même un récit historique et artistique assez original de la vie extraordinaire d’un des plus grands castrats que le monde musical ait connu. De plus, découvrir à nouveau les compositions musicales de Riccardo Broschi reste un véritable plaisir.

 

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