Le dernier tango à Paris

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Sans doute un des rôles les plus fouillés de la légende, Brando. Le film s'ouvre sur ces rails et ce train tambourinant dans la tête de Paul (Marlon Brando) dévasté par le suicide de sa femme Rosa. La manière de mettre en marche la trame narrative du film est tout à fait intéressante car elle a une certaine lenteur maîtrisée et la fébrilité des personnages est bien contenue.

Ce n'est qu'au fil de l'histoire que l'on perçoit le trouble béant de Paul et puis progressivement celui de Jeanne (Maria Schneider). Dans ces deux existences ruinées, l'unique refuge est le sexe et les rapports physiques anonymes exécutés dans le silence de leur méconnaissance réciproque. Cet appartement incarne la parenthèse de leur vie et c'est dans ce lieu désordonné entre des meubles mal rangés et un lit à même le sol que les amants se livrent à des pratiques sauvages et brutales.  

Ce n'est tout de même pas un film pornographique aux scènes crues et détaillées mais un film qui se range dans les drames érotiques. Il est important de faire cette nuance car le réalisateur accentue d'autant plus la crudité de leurs relations en suggérant la plupart de leurs faits et gestes. Une partie de la force du film repose sur cette particularité là, en montrer le moins pour en dire le plus.

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Il nous semblait important de s'arrêter un instant sur cette veine érotique présente dans le film. Le dernier tango c'est certainement une suggestion presque polysémique, la danse, l'amour mais aussi le dernier tour de piste, la dernière pour la route. Le drame est déjà présent dans le titre du film et il ne fera que se déployer jusqu'à l'apothéose finale.

Ce film est le désespoir, celui de Paul qui erre perdu en ruminant sa douleur et celui de Jeanne qui devient actrice de sa propre vie, ce qu'elle n'est pas vraiment en fin de compte, elle entre dans ce mensonge terrible, celui qui consiste à se mentir à soi-même. Mais si ces rapports sexuels sont autant violents c'est que la brutalité de leur relation en est ainsi. L'acte sexuel n'est que la pratique et la prolongation de leur souffrance respective.

La course de Paul après Jeanne est vraiment saisissante car c'est une course après le désespoir, après une relation d'automutilation. Finalement comme dans le Match Point de Woody Allen, il faut faire taire cette passion brûlante et animale pour être délivré de l'autre qui oppresse avec férocité son amour. Tout comme dans la fin de La Putain respectueuse de Sartre, celui qui a une emprise sur cette prostituée, Lizzie, finit par avouer son prénom dans une dernière réplique. Comme si aimer sans identité, c'est être celui qu'on est vraiment...  

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