Les nerfs à vif

les-nerfs-a-vif.jpg

 

Un film supplémentaire qui unit le duo Scorsese-De Niro. C’est un des longs-métrages les plus esthétisés, la caméra est énergique, d’une vivacité incroyable et propose un rythme chorégraphique très précis. Les mouvements de cette-dernière participent à l’installation du suspense et accentuent la tension du spectateur. Scorsese nous prouve, une fois de plus, qu’il est un maître qui excelle dans ce domaine.

Ce remake du film La nuit du chasseur, s’inscrit dans la lignée des films haletants, palpitants et insoutenables de part la peur qu’ils ménagent chez le spectateur. Robert De Niro est excellent dans ce rôle de justicier fou et sa performance physique rend parfaitement compte du trouble psychologique qui l’anime. Il va donc perturber le quotidien de la famille Bowden.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il existe déjà préalablement, des tensions entre les membres de cette famille. Elle n’est pas le pâle stéréotype d’une famille américaine heureuse et pleinement épanouie. Avant même la venue perturbatrice de Max Cady, il y a une guerre intestine et c’est ce conflit interne, qui va faciliter les manipulations de Cady.

Dans les films de Scorsese, la religion a toujours une importance particulière. Nous connaissons ses affinités pour ce domaine et cela explique, entre autre, les multiples références à la sphère sacrée. De Niro devient un antéchrist qui défie les lois physiques de la douleur et qui épouse l’image de martyre. Max Cady l’avoue lui-même, en prison, les hommes n’ont pas d’autres occupations que celle de « profaner leur peau » avec une multitude de tatouages. Profaner sa chair, c’est aussi profaner son esprit pour Max Cady. Son corps est le reflet de son moi intérieur, la profanation est donc, autant externe qu’interne.

Max Cady arrive alors, au milieu d’un cercle familial déjà en ruine, il trouve donc un terrain fertile pour exercer ses manipulations : la fille, Danielle Bowden, trouve un partenaire en Cady, il lui ouvre les portes de l’interdit, interdit posé par ses parents, la transgression devient alors possible grâce à la relation qui s’installe entre eux, la mère, Leigh Bowden, est intriguée, peut-être même excitée à l’idée de rencontrer cet homme, le père, Sam Bowden, est mû par une haine qui prend de l’ampleur au fur et à mesure du film et qui le pousse à agir dans le but de supprimer cet élément perturbateur.

Max Cady suscite horreur et fascination mais provoque des émotions si violentes et extrêmes, qu’il en devient une pièce centrale des relations familiales.

Un autre coup de maître du grand Scorsese.

les-nerfs-a-vif-2-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

les-nerfs-a-vif-3.jpg

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.