Mulholland Drive

Mulholland Drive… Autant vous dire d’entrée de jeu que nous sommes un peu hermétiques au cinéma de David Lynch. D’abord, avant de visionner un des ses films, il est nécessaire d’avoir conscience que l’on s’embarque dans un univers très particulier, les repères spatiaux et temporels sont inexistants, il y a une prolifération de plans sans lien logique et une trame narrative qui s’estompe progressivement, pour finir par s’effacer totalement avant la fin.

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Les critiques sont presque unanimes pour dire que ce film est un véritable chef-d’œuvre. Cela nous laisse un peu perplexes… Lynch met systématiquement en scène la psychologie et l’espace mental de ses protagonistes. Il semble fasciné par les désirs, les fantasmes, les angoisses qui les habitent. Et nous aussi ! Cependant, il s’enferme dans des schémas trop habituels et que son public commence à connaître.

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Le non-sens, l’illogisme et l’incompréhension constituent très probablement ses ambitions premières avant de commencer un film. Il semblerait même que le désir inconscient de Lynch est celui de la tromperie. Parce que c’est bien cela dont il s’agit : induire en erreur le spectateur, le conduire dans une direction puis l’en détourner, faire naître en lui un trouble renversant et vertigineux. L’histoire est seconde.

Il faut admettre que son cinéma est incontestablement novateur, qu’on y soit sensible ou pas. On ne sort jamais indemne d’un film de Lynch. Il y a toujours cette voix intérieure qui résonne et qui cherche à mettre à plat les données du film, les décortiquer et démêler les lambeaux d’explications restants. Tout est surprise et renversement de situation. L’illusion pourrait désormais se définir comme un concept lynchien à part entière.

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Nous sommes obligatoirement charmées par l’élaboration esthétique de ses plans et de l’imagination qui a les a produit. La musique occupe également une place capitale dans ses films puisqu’elle parvient à y introduire un soupçon de tragédie et apporte un côté dramatique aux personnages. Le couple que forme Naomi Watts (Betty Elms) et Laura Elena Harring (Rita) est tout simplement stupéfiant et terrifiant à la fois. Ces deux femmes évoluent parallèlement et il ne serait pas insensé de penser que Rita n’est au final qu’une vulgaire illusion, elle ne serait que le reflet parfait et inatteignable que Betty aurait désiré devenir. Chez Lynch, l’illusion appelle l’illusion…

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En somme, Lynch réussit comme toujours son coup : nous sommes perplexes et désireux de saisir la substance du film mais malheureusement, elle nous échappe inévitablement ou nous donne l’illusion de l’avoir saisie. 

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