The rover

The rover 2

Film projeté lors de la sélection cannoise dans la catégorie séance de minuit et hors compétition. Avant tout, le casting semble prometteur ; Guy Pearce et Robert Pattinson entre autre. Dans un monde futuriste où le chaos règne en maître, les hommes s'entretuent pour survivre. On tue des chiens pour manger, on vole pour fuir et on exécute pour quelques dollars ou pour une arme.

Si telle est la vision de David Michôd, elle parait bien sombre mais pourtant terriblement magnétique. Nous plongeons donc dans un western futuriste où les courses poursuites ne se font pas à cheval mais en 4x4. Ce qui marche très bien dans ce film c'est la mise en scène par les décors. Cadre naturel désertique, terres asséchées, vent poussiéreux, animaux et hommes d'une maigreur repoussante, chaleur accablante et soleil de plomb. L'environnement dans lequel évoluent les personnages est propice à la naissance de règlements de compte bâtards et improvisés. 

The rover 3

Pour résumer en quelques phrases ce film, c'est la quête sans relâche d'un homme qui recherche sa voiture volée par un gang de criminels. Quête obsessionnelle et presque dérisoire mais qui est le fil conducteur du film.

Reynolds (Robert Pattinson) est parfait en débile léger, naïf et enfantin. Son duo avec Eric (Guy Pearce) fonctionne très bien car il offre un tandem surprenant entre un attardé plus malade que méchant et un homme aussi froid que le marbre n'ayant plus rien à perdre si ce n'est la vie à laquelle il ne semble même plus tellement tenir.

La fin est pour le moins inattendue car dans la morale inconsciente collective, on s'attend au triomphe du naïf sur un frère qui le délaisse avec le possible sacrifice d'Eric. Mais il n'en est rien et cela est encore plus plaisant. Reynolds meurt (tué par son frère) ainsi que tout le gang auquel tous deux appartenaient. Eric se retrouve seul avec sa voiture récemment volée. Le dernier plan se concentre sur le coffre de la voiture, une couverture dissimule un cadavre que l'on pense être celui de sa femme qu'il a assassiné. Mais là encore, il n'en est rien.

The rover 4

Le film se clôt sur la dépouille d'un chien qu'il brûle pour peut être éviter qu'il ne se fasse manger par des hommes sans scrupules. Fin profondément ironique ou logique ? Cette conclusion veut-elle nous montrer que ce road-movie sur fond de western à changer l'homme glacial qu'était Eric pour l'humaniser ou est-ce une conclusion qui se veut encore plus dramatique dans le sens où l'on s'attend à la dépouille d'un humain et qu'il s'agit en fait d'un chien ?

La question reste ouverte et c'est sans doute dans ce choix final que réside la grande force de ce film ; aller là où l'on ne s'y attend pas. Un film puissant malgré le silence des étendues désertiques et une chaleur paralysante. 

The rover 5

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