Margin Call

Premier film de J.C Chandor et véritable réussite cinématographique. Il plante une ambiance apocalyptique au cœur de l’effervescence de Wall Street et décortique avec beaucoup de subtilité le naufrage latent de la machine capitaliste américaine.

Les acteurs sont savoureux : Kevin Spacey en directeur soucieux d’honnêteté envers ses troupes, Jeremy Irons en grand patron ambitieux et obnubilé par les bénéfices financiers que sa boîte peut tirer de cet effondrement économique, Simon Baker en dirigeant sans trop d’expérience, glacial et maximisant les profits de l’entreprise, sans oublier les protagonistes satellites à l’intrigue, les nouveaux arrivants et une Demi Moore qui veut sauver sa peau.

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J.C Chandor cerne avec brio le système mais surtout le fonctionnement américain. New York est représentée comme une ville qui dirige le monde, contrôle tout et infaillible jusqu’à ce que la crise se manifeste. Elle fascine les plus jeunes travailleurs de cette boîte qui sont entrés à Wall Street par passion et vocation, à la différence de leurs patrons, qui sont drogués à la maximisation des profits.

Les désillusions et les désenchantements se manifestent de plus en plus et avec une rapidité incroyable. Ce qui est encore plus troublant, c’est sans doute la découverte de cet écroulement boursier. C’est-à-dire, qu’il est démasqué par un homme sans histoire, travaillant honnêtement dans cette boîte et qui va effectuer une opération statistique assez simple, à la portée de nombreuses autres personnes qui s’y connaissent un peu en calculs financiers. Le drame réside dans ce point précis. En fait, l’image solide et infaillible de la ville qui ne dort jamais, n’est justement qu’une image. Elle repose sur des fondations financières en argile. Le réalisateur le montre parfaitement.

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Enfin, nous aimerions terminer par l’ultime scène du film. Elle est saisissante et en dit long. Kevin Spacey creuse un trou au fond de son jardin pour son chien décédé il y a peu. Mais, cela fait écho à un futur noir et qui annonce un horizon plutôt sinistre. En effet, ne creuse-t-il pas sa propre tombe ? N’enterre-t-il pas avec lui, le modèle capitaliste qui fut l’essence même du modèle américain ?

C’est sans aucun doute, le meilleur film jamais effectué sur l’empire Wall Street…

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