Argo

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Après avoir raflé de prestigieux prix, nous nous sommes tout de même dit que ce film méritait qu'on s'y intéresse et c'est ce que nous avons fait. En effet, Ben Affleck a réalisé un film américain aux gros moyens avec comme producteur George Clooney et lui-même, c'est donc bel et bien un film au gros budget.

Cela n'enlève en rien, l'intérêt que nous y apportons car paradoxalement, le film Argo, l'authentique, celui réalisé lors de la crise iranienne de 1979, celui qui raconte un voyage dans l'espace avec à son bord des personnages de la plus haute fantaisie est un film que l'on pourrait qualifier de "bâtard", de mineur mais qui est pourtant un outil de survie.

Ben Affleck installe une harmonie particulière entre images historiques et faits fictifs, ce qui n'est pas toujours le cas d'autres réalisateurs contemporains. Puis cette plongée au coeur de la fin des années 70 est tout à fait pertinente tant dans le respect des coutumes, de la mode ou encore de la véracité historique et c'est ce qui est la part la plus troublante.

En effet, après ces deux heures haletantes, se remémorer le message liminaire stipulant que "ces faits sont tirés d'une histoire vraie" laisse les spectateurs dans une profonde stupéfaction. Ben Affleck qui réalise et se fait le héros du film, conduit avec brio cette épopée dans un Téhéran ruiné, délabré et haineux.

Enfin, évoquons la scène finale, le jeu de rôles palpitant auquel ces sept américains se sont prêtés. Un film de la dernière chance, un "navet" qui sauve ces patriotes dont la survie ne tient plus qu'à un coup de fil. Coup de fil interminable auquel répond John Goodman (excellent) et qui pourrait être le "happy end" de ce voyage épique dans un pays en crise.

Jusqu'au décollage de l'avion, la tension est palpable, la fébrilité est à son comble, nous sentons que leur scénario peut tomber à l'eau d'une minute à l'autre et quand Tony Mendez aperçoit les voitures des militaires extrémistes iraniens, nous pensons vraiment que l'opération Argo est fichue.

C'est donc bien sur un "happy end" mesuré que se clôture le film. "Happy end" à nuancer quand on se remémore la phrase liminaire, que l'on voit le nombre de jours de captivité (444 jours) des membres de l'ambassade américaine de Téhéran, la violence des tortures infligées et les relations conflictuelles pérennes entre Iran et USA.

Nous vous conseillons vivement de voir ce film, tout d'abord pour l'aspect historique, pour la trame narrative efficace et pour l'action à la sauce américaine. Cependant, cette saturation d'action n'exalte pas le patriotisme américain mais en appelle au contraire à la sage modestie tout comme cet agent de la CIA qui reçoit une médaille du plus haut grade, sans en recevoir la reconnaissance, ou du moins une reconnaissance tardive.

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