Black Book

Black book 1

Film de Paul Verhoeven inspiré de faits réels et qui retrace les péripéties d'une résistante juive au coeur d'une Hollande tenue d'une main de fer par les nazis. L'intrigue est posée dès les premières minutes du film ; Rachel Stein alias Ellis de Vries doit infiltrer le QG nazi en faisant du charme au capitaine Ludwig Müntze. Or problème ; tous deux tombent amoureux.

L'atout majeur de ce film c'est le suspens qui nous maintient en haleine du début à la fin. Pendant environ deux heures, les évènements s'enchainent et ne laissent aucune place à l'ennui. Même si nous sommes des romantiques dans l'âme, il est vrai que l'histoire d'amour entre la juive et le nazi (pour grossir le gouffre qui sépare ce couple antithétique par nature) étouffe la vengeance que pouvait laisser supposer le début du film. En effet, Rachel/Ellis voit sa famille entière se faire liquider comme du bétail et sa romance avec Müntze éteint cette soif de représailles.

Black book 2

On aurait aimé voir cette femme plus justicière (si l'on peut parler de justice en ces temps obscurs de l'Histoire Mondiale). Le choix du réalisateur d'étouffer ce drame familial par la rencontre et la passion fusionnelle que Rachel/Ellis va vivre avec Müntze est un choix que l'on peut partager ou contester.

Nous saluons également l'originalité d'un film de guerre qui voit sous un angle nouveau l'enfer de la Seconde Guerre Mondiale. Malgré tout, on sent une gène ou une sorte de morale arrangée dans la mort de Müntze. Son exécution hâtive donne l'impression que cet amour est de toute évidence perdu d'avance, comme s'il était impossible voir impensable qu'une juive résistante et un nazi malgré lui (et qui n'a que le nom) puissent vivre une passion. Nous y avons trouvé deux solutions ; ou une règle de bienséance ou une amplification du dramatique.

Black book 3

Les acteurs fonctionnent également bien ensemble et l'alchimie tant convoitée par les réalisateurs semble opérer. Carice van Houten (Rachel/Ellis) porte le film et incarne parfaitement la femme moderne des années 40, Sebastian Koch (Müntze) est aussi parfait en amant d'un soir et en amour d'une vie.

Ce film s'inscrit donc parmi les films plaisants à voir où il est des histoires d'amour marquantes mais au dénouement prévisible. Ce n'est sans doute pas la plus belle romance de l'Histoire du cinéma mais c'est une passion à laquelle on croit aisément. Enfin, la présence du fameux carnet noir contenant des informations compromettantes mais qui absoudront finalement Rachel est trop peu exploitée.

Quand le générique défile, on se demande souvent que reste t-il en nous de ces heures passées face à un écran. Si on pense à Black Book, on retient surtout un amour improbable, reste à savoir si tel était le désir premier du réalisateur...

Black book 4

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