Blue Jasmine

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Le dernier Woody Allen... Un petit bijoux s'inspirant de la célèbre pièce de Tennessee Williams, Un tramway nommé désir. Jasmine, la Blanche Dubois moderne, débarque à San Francisco chez sa soeur Ginger qui vit dans la débrouille depuis que son ex beau-frère l'a mise sur la paille. Nous retrouvons bien sûr les touches du grand Woody, des couleurs pastels et chaudes mêlées à un fond narratif dramatique et profondément comique.

L'utilisation du montage alterné est très déstabilisant car Woody Allen nous perd entre la diégèse contemporaine et les faits antérieurs. Des plans très similaires, quasi logiques temporellement se succèdent et ce choix filmique est vraiment troublant. Cette confusion est l'exacte image d'une Jasmine égarée dans un labyrinthe cérébral. Lorsqu'elle tente de se reconstruire en entamant une nouvelle relation avec un homme dit d'un "bon parti", elle se forge une identité fictive et fantasmée. Bien évidemment cette fausse image construite par Jasmine ne tarde pas à s'écrouler en une poignée de minutes.

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Le couple Ginger/Chili est tout à fait intéressant car il revisite le fameux duo que forme Stanley et Stella Kowalski. Woody Allen modernise cette réadaptation en donnant plus de souplesse au personnage de Ginger qui se laisse aller aux plaisirs extra-conjugaux. Il est perturbant de noter ces similitudes entre le séduisant et bestial Stanley Kowalski et le Chili viril et pleurnichard. Tous deux sont très proches dans leur interprétation à la fois dominante et désespérée.

Les sujets chers à Woody Allen sont de nouveau exploités avec brio. La complexité des êtres et leur confrontation psychologique sont les motifs phares du cinéma allénien. Nous pourrions qualifier son cinéma, d'un art profondément humain et spirituel. Il illustre ce voyage au coeur du cerveau humain et de ses paradoxes en jouant sur des plans poitrines qui laissent percevoir avec une certaine distance la détresse des personnages et notamment celle de Jasmine. Le processus d'assimilation avec cette femme pourrait se produire mais la caméra de Woody Allen nous distancie de Jasmine.

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Ce n'est pas une simple copie de la pièce de Williams sensée nous jeter en pleine face l'absurdité des relations intra-humaines mais c'est une réflexion toujours fouillée des comportements humains et des influences qu'ils se communiquent. Les liens fraternels et conjugaux sont une fois de plus exposés avec un réalisme déconcertant et cette éternelle touche d'ironie.

Vous l'aurez compris ce film est d'une grande pertinence tant dans son filmique que dans son filmé. Evoquons également le jeu incroyable d'une Cate Blanchett remarquablement juste dans le rôle de la dégénérée trompée par un époux escroc et libertin. Un film teinté de comique et d'une veine terriblement mélancolique qui nous conduit jusqu'au dénouement final ; la perte totale et le lâcher-prise d'une Jasmine livrée à elle même dans un environnement qui ne la comprend plus.

Du grand Woody.

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