Dracula

Dracula

Une des tâches les plus complexes pour nous, va être de garder une objectivité intellectuelle totale lors de cette analyse. En effet, le mythe de Dracula nous intéresse particulièrement et cette interprétation du maître Coppola nous est très chère. Au-delà de l’histoire de Bram Stoker, il y a une manière de filmer unique et originale. Le jeu des acteurs principaux, Gary Oldman et Winona Ryder est littéralement époustouflant. Ce film est un chef d’œuvre, qui peut compter parmi les plus grands sur le mythe de Dracula.

Il y a bien une esthétique cinématographique indéniable. Coppola filme de véritables tableaux. D'ailleurs, il a apporté une attention particulière aux costumes du Comte Dracula qui rappellent étrangement les tuniques dorées du peintre Klimt. De plus, il a réussi à créer une ambiance baroque et de conte gothique qui permet de centrer le récit dans un univers à la fois inquiétant et à la fois complètement novateur.

La scène de l'absinthe compte parmi les plus puissantes du film. Tout passe par les mouvements lents de caméra et le jeu de regards entre Oldman et Ryder. Les ombres qui ondulent en arrière plan soutiennent cette lenteur et renforcent cet esprit de conte baroque.

Absinthe

L'articulation d'un amour éternel entre un être damné et une âme innocente constitue tout l'enjeu dramaturgique du film. Mina incarne une dualité saisissante : son tempérament virginal contraste avec une nature pulsionnelle qui ne demande qu'à s'exprimer et c'est l'apparition du Comte qui va rendre possible cette éclosion sexuelle. Dracula est une possibilité érotique inespérée pour Mina. Néanmoins, il est aussi pour elle, l'occasion d'un amour qui s'inscrit dans sa pureté, dans le sens où il n'attend pas qu'une union corporelle avec elle mais la retrouvaille d'une totale harmonie entre deux personnes.

Dracula est un être schizophrénique, sa part démoniaque laisse la parole à sa part plus humaine lorsqu'il cherche à séduire Mina et selon nous, Coppola exploite pleinement cette schizophrénie : Gary Oldman incarne un Dracula terriblement désirable en homme distingué avec son haut de forme et son accent roucoulant mais aussi un monstre détestable et qui peut faire frémir.

Dracul

La fin du film donne tout son sens au mythe de Dracula mais il faut dire que Coppola a su comment décupler l'effet tragique de cette scène. Dans le récit de Bram Stoker, c'est Jonathan Harker qui tue le Comte mais Coppola en a décidé autrement. Sous les conseils de son ami George Lucas, Coppola a décidé de transformer le personnage assez passif de Mina chez Stoker en une héroïne incroyable et inattendue. C'est elle qui détruit Dracula et ce choix de mise en scène modifie considérablement la lecture du mythe.

Coppola prouve avec ce film qu'il est un réalisateur qui excelle dans tous les genres cinématographiques, c'est une posture très américaine qui met en avant la pluralité du langage de cet artiste, aujourd'hui accompli.

 

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Commentaires (1)

1. M.C 30/10/2011

Je suis bien d'accord, ce film est un chef d'oeuvre. Mais ce n'est peut être pas le meilleur de F.C Coppola!

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