Duel

Premier film de Steven Spielberg et premier coup de maître : Duel. Etrangement, c’est sans doute pour nous le film que nous affectionnons le plus de Monsieur Spielberg parce que justement, il ne s’embourbe pas dans des thèmes enfantins et merveilleux ou à grands spectacles.

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Dès les premières minutes du film, la traque commence et un énorme camion poussiéreux prend en chasse un conducteur sans aucune raison apparente. Spielberg réussit à créer un climat de tension en utilisant des plans surdécoupés et ceux-ci vont donc participer à cette ascension vers l’angoisse. De plus, Spielberg parvient à cette mise en scène stressante en maintenant l’action de jour alors, que bien souvent le recours à l’obscurité est choisi de manière à amplifier les tensions. Ici, l’action se déroule en plein jour et même sous un soleil de plomb. Un certain Stanley Kubrick avait lui aussi déjoué cette règle dans le film Shining puisqu’il n’utilisait pas la nuit comme moyen d’amplication de la peur.

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Duel c’est aussi le mythe de la toute-puissance automobile qui est placé au centre de la narration. L’homme qui, au volant d’un véhicule puissant et imposant, se croit indestructible et inattaquable. C’est également une course poursuite qui est pensée comme un jeu, un jeu qui suit des règles de défiance envers la mort et de prises de risques de plus en plus grandes. De larges travelling permettent de mettre en avant ce jeu lugubre et centrent, paradoxalement, l’enjeu sur ces deux hommes. La route semble interminable et le jeu sans fin.

Une scène va placer le récit dans un lieu intérieur, une station service. La caméra est subjective et le fait de pénétrer dans les pensées du personnage traqué, renforce un peu plus ce climat de tensions et permet au spectateur de prendre physiquement part au raisonnement. Les gros plans sur les regards des différents protagonistes amplifient un sentiment inquiétant. Le personnage traqué ne connaît pas l’identité de ce chauffard fou, si ce n’est une paire de bottes marron. Quand tous deux sont sur la route, à aucun moment le visage du chauffard est dévoilé. C’est un autre procédé, très efficace, qui va permettre à Spielberg de créer cette ambiance stressante et qui d’ailleurs devient insoutenable au fil des minutes.

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La fin du film ménage une apogée de suspense et d’angoisse. La voiture du personnage traqué se prépare à tomber en panne. Cet élément était prévisible puisque dès les premières minutes du film, le spectateur est informé sur l’état bientôt défectueux d’une pièce de la voiture. Ainsi, fatalement et tragiquement, ce qui devait arriver, arriva. Néanmoins, le joueur en apparence le plus faible et le plus vulnérable n’est pas toujours celui que l’on croit, la fin du film montre le résultat de ce duel et le gagnant était inespéré (mais cependant fortement souhaité par le spectateur !).

En somme, Duel est un grand film à suspense signé Monsieur Spielberg qui marque durablement l’esprit des spectateurs et d’ailleurs pour notre part, nous entendons encore rugir le klaxon du chauffard fou…

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