Insomnia

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Christopher Nolan signe une œuvre psychologique singulière et haletante qui ne pourra pas vous laisser insensibles. Al Pacino (Will Dormer), en flic confirmé, qui connaît toutes les ficelles du métier et reste le principal chef d’orchestre de l’enquête à résoudre, est stupéfiant. Il est habitué à ce genre de rôle et d’ailleurs, sa prestation dans Heat reste parallèle à celle-ci. Al Pacino est né pour jouer les hommes à bout de nerfs, excédés, désabusés et perdus dans leur vie. Néanmoins, avec Insomnia, il pousse son personnage jusqu’à se perdre lui-même, le contrôle qu’il exerçait sur les autres s’exerce désormais sur lui.

Insomnia, c’est aussi une traque policière interne, en plus de celle que mène Al Pacino pour retrouver l’assassin d’une jeune fille. Au final, le film se décentre sur cette investigation, assez banale et plutôt conventionnelle, pour mieux mettre l’accent sur sa prise au piège progressive par une de ses policières, admiratrices de son travail.

Cette enquêtrice, jouée par Hilary Swank, respecte énormément Dormer et connaît par cœur l’ensemble de son travail. Une complicité paternelle va même se créer entre eux. Il va la former et lui enseigner les subtilités du métier. Aucun détail ne doit pas être pris en compte et les « petites enquêtes » ont autant d’importance que les « grandes ». Ainsi, elle devient meilleure que ses coéquipiers et acquiert une fine et subtile analyse des faits. C’est donc, elle, qui va comprendre que Dormer est l’assassin involontaire de son équipier, joué par Martin Donovan. insomnia-2-1.png

Il est également indispensable d’évoquer la relation intime qui va se créer entre Dormer et le meurtrier Walter Finch, interprété par Robin Williams. Une étrange manipulation émane de leur rencontre et in fine, c’est l’accusé qui piège l’enquêteur. Un lien sordide s’établit entre les deux hommes et dorénavant, ils prennent rendez-vous pour trouver une technique afin de dissimuler les preuves de leur meurtre respectif. Dormer essaie de se convaincre qu’il n’est pas comme lui, qu’il n’est pas un assassin. Mais pourtant, il sombre inexorablement dans son complot.

En plus, les journées infinies du glacial Alaska, jouent sur sa patience et son moral. Il ne parvient plus à dormir et ces nuits blanches successives sont l’occasion pour se laisser hanter par le visage sans vie de son coéquipier et pour se laisser envahir par la voix machiavélique de son criminel acolyte.

insomnia-3.jpgLe film s’achève sur une image forte : Dormer, gisant sur le bois mouillé de la cabane de Finch, couvert par son admiratrice Ellie Burr et chuchotant à l’oreille « Restez intègre »…

Un très grand film, on pourrait en parler pendant des heures.

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