Jésus de Nazareth

Franco Zeffirelli a sans nul doute réalisé une des plus grandes fresques historiques sur la vie du Christ et de ses apôtres. Presque 7h de films, Jésus de Nazareth a été pensé comme une synthèse, comme un extracteur de l’essentiel des écritures saintes.

Zeffirelli est doté d’un incroyable talent narratif, il sait mettre en scène néanmoins, nous souhaitons formuler un certain nombre de réserves. Le casting lui-même reflète la nature profonde de ce film et insiste sur son indéniable valeur commerciale. Mis à part le Christ (excellent Robert Powell), le reste de l’équipe ne convint pas tout à fait. La plupart des acteurs n’a pas su rendre à l’image le dépouillement et la raréfaction. Encore le poids du star system.

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De plus, Zeffirelli a toujours fait partie des cinéastes référents des chrétiens pour la simple raison qu’il ne fait que raconter, qu’éduquer ses spectateurs, il ne se risque jamais à livrer sa vision chrétienne, comme pouvait le faire Pasolini par exemple. Cependant, il n’est pas question ici de sous-évaluer la portée pédagogique de cette œuvre parce que le cinéma est aussi un média au service de l’enseignement, au même titre que pouvait l’être, les fresques religieuses.

En fait, il manque une incarnation, une réflexion approfondie de ce que représente Jésus pour Zeffirelli, une émotion aussi puisque tout l’amour de celui qu’on appelait le Roi des Juifs n’est pas intensément transmis. La musique de Maurice Jarre pèche également. Elle renforce un peu plus l’image lisse et commerciale de cette œuvre et ne permet pas l’effusion d’émotion.

Toutefois, un grand point positif se dessine à la lecture de ce film. La portée philosophique du discours de Jésus a un écho retentissant. Les écritures dans la bouche de Robert Powell font naître un véritable sens et une saisissante force. La puissance narrative donne (presque) obligatoirement envie de se plonger dans les Evangiles si elles nous sont étrangères.

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En somme, Jésus de Nazareth reste une œuvre considérable sur les écritures et malgré un imposant intérêt marchand, ce film est un riche objet d’étude. Même si Zeffirelli ne possède pas la sensibilité artistique d’un Pasolini, le visionnage vaut le détour parce que nous y décelons au moins, l’essentiel : la passion qu’a suscité Jésus et celle qu’il suscitera éternellement.

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