La Reine Margot

Cette année, le mois d’Octobre a été bien sinistre puisqu’un géant du cinéma et du théâtre nous quittait. Patrice Chéreau, metteur en scène d’exception compte parmi les étoiles éteintes trop vite.

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La Reine Margot fait partie des films qui l’ont consacré comme grand réalisateur. Isabelle Adjani devient la Reine Margot et elle est au sommet de la perfection. Elle incarne la révolte, la folie aussi, mais surtout la passion aveugle. Margot, éblouissante de beauté, sait manier les mots autant que les sortilèges des sens. C’est à travers son personnage que Chéreau livre l’histoire bouleversante des catholiques et des protestants qui s’opposèrent dans une lutte effroyable. Daniel Auteuil incarne Henri de Navarre, il est protestant mais épouse Margot, la catholique. C’est un mariage politique et stratégique, coutume d’époque… Margot et Henri de Navarre doivent incarner la paix religieuse et l’union, voilà ce que l’on attend de leur couple.

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Quand on visionne ce film de Chéreau, on ne regarde pas des effets de style superflus mais une mise en scène à la tonalité juste et aux jeux d’acteurs d’une incroyable sincérité. Chéreau avait une obsession majeure : sublimer ses acteurs, les mettre en lumière et il a toujours merveilleusement bien réussi.

La Reine Margot, c’est aussi le récit d’un amour impossible, celui d’une catholique, Margot, et d’un protestant, Joseph ou La Môle (interprété par Vincent Perez). Sur ce point, Chéreau nous propose du grand Chéreau et pardonnez-nous cette constatation tautologique mais cela veut dire beaucoup. Chéreau filme ce couple brûlant dans des scènes très sensuelles, au sein desquelles la pâleur de Margot contraste avec la chaleur de Joseph et où l’on sent qu’une finalité tragique les attend, inexorablement.

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Jean-Hugues Anglade est incroyable en Charles IX et participe à la destinée tragique de Margot et Joseph. C’est même lui qui accélère la chute de Joseph dans un but uniquement politique, là encore.

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Le dernier plan du film est assez saisissant et résume la poésie de Chéreau en quelques secondes. Margot porte le deuil, elle est droite dans sa robe blanche et tachée de sang, soutenant sur ses genoux la tête de son amant Joseph. Intérieurement, elle semble crier son désespoir et sa peine mais son visage reste ferme, presque impassible et elle finit par formuler ces mots : « Quelle importance, pourvu que j’ai le sourire sur les lèvres. » Le film s’achève ainsi, respectant un réalisme toujours aussi fort et c’est l’image que l’on garde de Chéreau : un grand homme de cinéma qui a su manier la réalité pour en faire un instant lyrique inimitable.

 

 

 

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