Les incorruptibles

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Coincer Al Capone : tel est l'enjeu des incorruptibles joués par quatre acteurs de génie, Kevin Costner, Andy Garcia, Charles Martin Smith et le brillant Sean Connery. Grande nostalgie en voyant un film policier comme on n'en voit plus de nos jours et comme on n'en verra certainement plus ! Tous les atouts sont réunis pour faire de ce film un petit joyau : des acteurs géniaux, un cadre et des décors typiques voir mythiques (rues miteuses de Chicago, suites luxueuses et kitsch, opéra flamboyant ou encore des ascenseurs ensanglantés).

Mais ce film n'est pas juste un bon film de flics chassant le parrain de la pègre, c'est aussi et surtout une réalisation au filmique incroyable. Rappelons le tout premier plan remarquable sur Al Capone ; une plongée totale dans une pièce curviligne centrée sur De Niro en train de se faire raser. Les angles de vue choisis par De Palma sont fascinants car leur symbolique originelle est inversée. On trouve une contre-plongée très marquée dans l'église sur Malone et Ness et une plongée totale sur Al Capone alors qu'on s'attendrait à voir logiquement le contraire. De Palma chamboule les codes filmiques pour briser ces règles manichéennes. Le mauvais n'est pas toujours exalté dans ses déboires et le justicier n'est plus écrasé sous le poids de la tâche à accomplir.  

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Autre moment de pure grâce artistique ; le montage alterné entre la mise à mort de Jim Malone (Sean Connery) et les notes célestes et émouvantes du célèbre "Vesti la giubba" de Leoncavallo. Cinématographiquement, cette scène est très intéressante car elle allie tragique de la situation et opéra chez les mafieux italiens. Cette alliance très forte entre le meurtre et la puissance de l'opéra italien sera également utilisée quelques années plus tard par Coppola dans la scène finale du Parrain 3. Tout cela manié sans le moindre pathos...

Il est aussi naturel d'évoquer la scène célébrissime de la gare, largement inspirée de celle d'Eisenstein dans Le Cuirassé Potemkine de 1925. Fameuse chute du landau sur les escaliers d'Odessa reprise par De Palma et recontextualisée. Cette descente du landau est une fois de plus filmée dans la hâte, le suspens et la tuerie humaine. Encore un coup de maître dans cette réappropriation du grand Eisenstein.

Les incorruptibles demeure un film référence sur la mafia et le monde du crime. Un film poignant sans artifices ou effets superficiels mais d'une justesse et d'une réalisation saisissantes. 

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