Les promesses de l'ombre

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Cette fois Cronenberg nous plonge dans les rues lugubres et les recoins mafieux de l'Angleterre profonde. Un agenda tombé dans les mains d'une innocente sage-femme et la machine s'enraye. Elle ignore l'importance de ce qu'elle détient et c'est très naïvement qu'elle se jette dans la gueule du loup.

Viggo Mortensen est notre vrai coup de coeur de ce brillant film. Son accent sombre et rauque d'un russe souillé de la mafia est enivrant. Il est électrisant, juste et inatteignable. Et c'est à travers les gorges tranchées au rasoir, les corps découpés en morceaux, les luttes dans un hammam et les cadavres dans un congélateur ou flottant dans l'eau stagnante que l'on est face à un esthétique presque stylisé où les teintes obscures et rougeâtres et les scènes quasi picturales côtoient une cruauté et une violence extrêmes.

Les promesses de l'ombre ou l'enracinement d'un anti-héros dans un cercle clos, dans une famille silencieuse et invisible qui massacre dans les lieux publics et frappe là où on l'attend le moins.

Nous avons été captivées par ce film si brillamment orchestré. Rappelons des scènes d'une beauté subtile comme celle des tatouages de Nikolai (Viggo Mortensen) sur un sofa rouge capitonné et un décor vieillit en arrière plan d'une époque que l'on a figée. De plus, le combat d'une monstrueuse animalité de Nikolai contre des bandits dans un hammam est stupéfiant. La violence atteint son paroxysme tant la nudité de Nikolai révèle cette lutte pour survivre.

Cronenberg signe un film stylisé et singulier où le dénouement s'écarte de nos espérances, nous laissant face à un personnage condamné, prêt à muter dans la corruption et c'est en cela que le film de Cronenberg est un pur chef d'oeuvre. 

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