Miele

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Ce film que nous avons eu la chance de voir en avant-première à Paris au cinéma UGC des Halles avec la présence de la réalisatrice et de l'actrice principale, nous a vraiment interpellé, mis à part quelques réserves qui vont être développées dans la suite de cette analyse. Valeria Golino signe là son tout premier long-métrage et il est vrai que ce n'est vraiment pas mal du tout ! Ce film a été pensé, longuement réfléchi et cela se voit d'entrée de jeu.

Les effets filmiques et l'esthétique de ce long-métrage sont bel et bien présents. Bien évidemment Miele, ce n'est pas des effets pour faire des effets ou juste montrer une certaine expérience de la caméra. Dès le début du film, un plan fixe sur des carreaux opaques vieillots et des passages furtifs de silhouettes donnent la couleur du film. C'est un peu le mur qui la sépare du monde réel, du monde des vivants. Ce mur est comme la métaphore du passage qu'elle exerce entre l'accompagnement vers la mort et son retour à la vie.

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La spécificité du cinéma de Valeria Golino se trouve dans ses gros plans sur des visages ravagés par la maladie et la peur visible du dernier voyage. Parfois, caméra sur l'épaule, elle met en lumière le paradoxe de la vie que Miele mène de par un déséquilibre visuel. Jasmine Trinca incarne Miele, cette dernière compagne de route, d'une manière tout à fait juste et maîtrisée. Le duo qu'elle forme avec Carlo Cecchi (Monsieur Grimaldi) est à la fois attendrissant et à contre courant.

Les réserves que nous avons contre ce film résident dans les quelques pistes que Valeria Golino semble vouloir emprunter mais qu'elle abandonne en chemin sans résolution notable. En effet, elle explique le "travail" de Miele à travers le traumatisme d'une mère décédée d'une grave maladie. Il est vrai que cette interprétation à tendance à frôler le pathétique et à donner une explication trop évidente. Il en est de même pour la supposée maladie de Miele qui est abordée puis complètement laissée sur le bord du chemin. On la voit cracher du sang, avoir des palpitations et un coeur qui bat vite, trop vite et finalement rien n'est résolu ou du moins sous-entendu jusqu'à la fin du film. On aurait pu penser que Miele se crée une maladie imaginaire comme un hypocondriaque le ferait mais cela est possible tant que ça reste une pensée. Or, quand Valeria Golino décide de rendre ce mal-être physique et fait cracher du sang à Miele, il y a là une perte de sens ou alors une exploitation bien trop timide de la psychologie du personnage.

Mis à part ces quelques bémols, le film est à voir pour sa maturité, ses gros plans, sa musique frénétique et le sujet contemporain abordé, à savoir le droit à l'euthanasie ou autrement dit "le droit à une mort digne". Libre à chacun de savoir où commence la dignité et où elle s'arrête... Et ce film nous permet de s'en faire une idée. 

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