Mort à Venise

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Morte a Venezia, de son titre original… C’est plus qu’un film, c’est une œuvre d’art. Chaque plan, chaque scène est un tableau. Luchino Visconti est un artiste au sens noble du terme qui nous propose ici, une leçon de cinéma. Dirk Bogarde est magistral dans le rôle de ce musicien fatigué et que l’inspiration a délaissé. La solitude apparaît comme son refuge et contraste avec l’euphorie des riches touristes peuplant l’hôtel du Lido. Du début à la fin, les gloussements de ces riches bourgeois ne nous ébranlent pas. Visconti parvient à nous isoler avec son personnage, Aschenbach.

Visconti a réussi à unir musique et cinéma. Ce qui n’est pas une mince affaire. La musique de Gustav Malher est en parfaite harmonie avec l’image. Elle n’efface pas l’image derrière l’intensité sonore, comme beaucoup de films le font maintenant pour donner de la force à leurs images, ici il n’en est rien. L’union de ces deux génies, Malher et Visconti au service d’un chef-d’œuvre, offre un parfait équilibre entre son et images.

Il serait trop long de vous énumérer nos moments favoris dans ce film puisque le film dans son intégralité nous a transporté. Mais nous pouvons mettre l’accent sur les scènes où le Professeur Gustav Von Aschenbach déambule dans les ruelles d’une Venise à la dérive, rongée par la maladie et infectée par le choléra asiatique. Ces plans précis sont d’une finesse incroyable et d’une intensité insoutenable, surtout lorsque le Professeur poursuit du regard le jeune Tadzio. Cet adolescent incarne l’objet de sa fascination et correspond à une sorte d’espérance.

La scène finale se passe de mots. Aschenbach sur sa chaise, tout en sueur, son visage pâle et ruisselant de teinture, la plage au loin, la mer où avance lentement le jeune Tadzio, lueur d’espérance jusqu’au bout, apparition angélique, la musique de Malher, la luminosité aveuglante, irréelle, sortie d’un rêve, la main tendue du Professeur et puis plus rien, la mort mais toujours cette musique… Un tableau ultime indescriptible, d’une beauté et d’une intensité qui nous a laissé sans voix et les yeux humides.

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