Only God forgives

Nicolas Winding Refn signe un retour fracassant avec un Ryan Gosling très en forme et génialissime dans le rôle du frère apprenti-tueur. Le style Refn nous enchante à tous les coups. Les teintes sombres, la thématique de l’homme seul confronté à l’obscurité néfaste de la nuit et la violence à la sauce Tarantino constituent des caractéristiques récurrentes de ses films.

only-god-forgives-1.jpg

Contrairement à son film précédent, il ne dépeint pas un Ryan Gosling héroïque et glorieux, vainqueur du mal et triomphant de la mort mais davantage, un homme vulnérable, fragile derrière son apparence de brute et faible. De plus, Refn anéantit toute forme de morale. C’est d’ailleurs ce point précis qui déstabilise complètement le spectateur. L’unique morale qui est prônée dans ce film, c’est celle de Dieu et c’est donc, une morale invisible, sous-jacente or, bien souvent, le spectateur éprouve un besoin viscéral à voir concrètement la morale du Bien triompher. C’est pourquoi, nous sortons de ce film, perturbés, avec l’étrange sentiment que justice n’est pas faite et avec la sensation horrible que les hommes mauvais ne sont pas punis. Refn touche un point très sensible de la culture humaine, et il y parvient brillamment, puisqu’il nous confronte à un monde dénué de moralité humaine. En fait, les hommes sont livrés à eux-mêmes, confrontés à leur propre reflet sans personne pour les y détourner.

only-god-forgives-2-2.jpg

Bangkok est une ville à la dérive, filmée presque totalement la nuit et propice aux crimes les plus sordides. Julian se retrouve donc être le justicier fou de son frère, tué par un policier à la retraite très habile avec les lames… On découvre alors, un crescendo de meurtres et tous, sont sensés apporter la justice. C’est en fait, la loi de la rue, celle des hommes affranchis de toutes autres lois, si ce n’est celle du plus fort.

only-god-forgives-5.png

C’est un amour cruel et destructeur qui unit la mère, interprétée par une excellente Kristin Scott Thomas, et ses fils. Il dessine un triste horizon. D’un côté, il y a l’extrême violence de son fils Billy avec qui elle entretenait un lien sentimental très particulier et d’un autre côté, il y a Julian, qui est l’incarnation parfaite d’une violence qui n’accouche pas. Sa mère castre son instinct d’homme, elle l’humilie, le compare et triomphe de son fils. C’est elle qui commande.

En tout cas, Only God forgives, est un film avec des plans finement tournés et toujours très novateurs. Nicolas Winding Refn impose au cinéma son monde à lui et reste fidèle à ses références. On apprécie aussi beaucoup cette manière d’épurer la narration pour permettre une totale éclosion de la violence, la violence à l’état pur.

only-god-forgives-3.jpg

Du très grand cinéma qui ne pourra pas vous laisser de marbre…

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×