Requiem for a dream

Requiem for a dream 1

Une injection d'adrénaline mélangée à une profonde noirceur et une cruauté bestiale : tels sont les mots pour évoquer un tel film. D'entrée de jeu, nous savons que ces personnages sont condamnés, victimes par avance et que rien ne pourra et ne saura les sauver. C'est avec la conscience de la perte imminente des personnages que le spectateur doit encaisser les scènes d'une violence inouïe. Aucun moment de répit ne parvient à se frayer un chemin dans un décor en ruine et un avenir meilleur qui ne viendra jamais.

Du début à la fin de ce délire croissant, la musique de Clint Mansell martèle en nous la fatalité sauvage et brutale qui tend à s'abattre sur les personnages et qui déteint au final sur nous-mêmes. Nous absorbons inévitablement les crises névrotiques de Sara Goldfard (Ellen Burstyn), les moments d'extase douloureux d'Harry (Jared Leto) et de Marianne (Jennifer Connelly). Ce film est à l'image d'un shoot de drogue. Il est jubilatoire, insupportable, violent et surtout addictif.

Requiem for a dream 2

De plus le montage filmique participe à cette montée en puissance finale. Les split screen installent une distance entre les personnages alors qu'ils sont d'une grande proximité physique notamment lorsqu'Harry et Marianne se parlent étendus sur le lit. Ils sont paradoxalement déjà éloignés et le split screen accentue cette distance psychologique sous-jacente. Ils sont ensemble dans un espace précis, un instant précis et pourtant leur divergence se creuse déjà. Leur comportement psychotique les rassemble pour une injection de drogue mais tend surtout à approfondir cette solitude criarde. Ce sont avant tout des personnages profondément seuls dans leur névrose, destinés à périr, contraints à suivre la voie de la souffrance. Ils ne peuvent échapper à ce fantasme de célébrité ou de vie meilleure dont ils sont dépendants et soumis.

Peu à peu, nous sentons que nous nous acheminons vers une totale perdition qui n'aura pas de retour et surtout aucune lueur d'espoir. L'espoir se meurt dans ce film, il est balayé, totalement nié. Il n'y a plus d'espoir, d'ailleurs il n'y en a jamais eu même dans les premières minutes du film car comme nous l'avons dit, la fatalité est déjà en marche. Le climax final éclate enfin... Cette tornade psychotique dans laquelle les personnages chutent inévitablement est d'une violence inouïe, d'une cruauté extraordinaire et d'un désespoir intense. On passe à un degré supérieur, les protagonistes perdent les quelques bribes d'humanité qu'ils leur restaient. Tout fusionne en un apogée insoutenable. Nous sommes brusquement heurtés par cette profusion de brutalité excessive. La musique lancinante de Mansell retourne notre estomac et serre notre gorge.

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La notion de requiem est aussi très intéressante car elle correspond à cette apostrophe lancée juste avant un enterrement. Ce requiem est une messe codifiée que les personnages mettent en application dans leurs gestes mécaniques et répétitifs juste avant de sombrer dans leur démence. Il est cette ode à une mort imminente, addictive et brève que vivent ces personnages dans un shoot de drogue ou une prise d'amphétamines. Ce requiem est un chant célébrant le rêve brusque duquel ils ne pourront plus revenir. Un requiem à leur perte prochaine.

Rares sont les films dont il est difficile de ne pas détourner le regard. Requiem for a dream est ce film là avec une descente aux enfers que l'on peine à suivre jusqu’au bout tant sa férocité est contre notre nature. Nous ne sommes pas habitués à être tant percutés par une telle sauvagerie psychologique. Un film que nous vous conseillons bien évidemment de voir pour éprouver la sensation angoissante de ne pouvoir soutenir du regard des histoires parallèles d'une brutalité incroyable.

À voir absolument.

Requiem for a dream 4

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