Shining

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Ceux qui parlent sans ouvrir la bouche ont le "shining", d'entrée de jeu la problématique est pertinente et originale, bref il s'agit d'un Kubrick... Pour l'époque, le premier plan en steadicam est tout à fait novateur et révolutionnaire ; le plan aérien défilant sur un paysage boisé avec en fond la musique palpitante de Wendy Carlos. Si ce film est original par son sujet (inspiré de l'oeuvre de Stephen King), la manière de filmer ce thriller est vraiment un choc visuel et un concentré d'innovations cinématographiques.

L'Overlook Hotel, c'est donc une vaste demeure désertique et arriérée qui meurt pendant six mois, séquestrée par le froid, la neige et l'oubli. Tous ces éléments font germer progressivement cette folie meurtrière de Jack Torrance et des gardiens qui l'ont précédé. Un huis clos bouleversant qui chamboule les codes du film d'horreur. Chez Kubrick, l'horreur est dans les murs mêmes de cet hôtel, dans cette symétrie architecturale complétement folle, dans ces tapisseries criardes et ces moquettes bariolées où l'irrationnel surgit et règne dans cette cellule cérébrale qui sombre dans la psychose.

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Nous sommes obligées d'évoquer ces plans en contre-plongée sur les roues arrière du petit vélo de Danny qui dévale les longs couloirs dans une lumière crue ou encore ces travellings arrière et ces plans larges d'un paysage immaculé et d'un labyrinthe vertigineux. Et puis, c'est la descente croissante vers une folie désespérée incarnée avec brio par le maître Nicholson, un rôle magistral, sincère et terriblement inquiétant, une performance simplement majestueuse. Être si proche du naturel c'est être au sommet de son art. Tout y est, le regard meurtrier, les élans de lucidité maîtrisés, les mimiques diaboliques et surtout ce passage terrible entre les yeux d'un homme sans histoire à ceux d'un aliéné, nous retiendrons la scène où Jack tient Danny sur ses genoux avec un air totalement fêlé. En bref, Nicholson est sublime.

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Evoquons également les effets sollicités comme les hallucinations de Jack avec cette femme séduisante qui se métamorphose en vieille créature à la peau putréfiée ou encore ces soeurs aux propos lancinants et ce plan sur cette salle où le sang surgit comme un geyser. L'horreur est à son paroxysme avec pourtant une minimisation des effets, elle se manifeste autrement, par la manière de filmer, la musique et surtout le jeu sensationnel des acteurs. Comme quoi, l'impact est plus fort quand on en fait le moins (avis aux réalisateurs contemporains qui sont dans le "sur-effets").

Enfin, terminons par cette fin (qui diffère de celle imaginée par Stephen King) et ce plan final sur Jack Torrance, paralysé par la mort, le froid et la folie. Un chef d'oeuvre de Kubrick bel et bien inégalé.  

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