The two faces of January

Première réalisation d’Hossein Amini et première grande réussite cinématographique. La narration a lieu à Athènes, lieu hautement explicite, enclin à la dramaturgie et aux sonorités mythologiques très marquées. On assiste donc à une pure tragédie grecque mais qui cache aussi en elle d’étonnantes préoccupations hitchcockiennes.

Le film s’articule autour d’un trio amoureux : Chester MacFarland, son épouse Colette et un jeune guide, Rydal. Colette incarne le point de convergence entre ces deux hommes ou du moins seulement au début parce qu’après, nous découvrons un lien étrangement paternel entre Chester et Rydal.

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Chester et Rydal sont la représentation directe du dieu Janus : un dieu à deux visages. Rydal, la jeunesse fougeuse ; Chester la maturité ravageuse. Quand ils se rencontrent, leurs silences en disent souvent beaucoup plus. Rydal convoite la femme de ce père fantasmé, il prétend même avoir eu une relation intime avec elle. Mais chacun est libre de croire ou pas aux pulsions refoulées et aux fantasmes de Rydal.

Nous pataugeons en plein drame freudien et la nécessité de « tuer le père » devient une obligation bien réelle. Comme Thésée entraina la mort de son père Egée, Rydal entraine inexorablement la mort de son rêve paternel, Chester (qu’il hait autant qu’il aime, là réside toute l’ambiguïté). Athènes permet donc de réaliser une fouille de l’inconscient des protagonistes ; recherche archéologique chère à Freud.

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Si l’on pousse l’analyse encore plus loin, la mort de Colette était aussi nécessaire. Chester, image du père idéal, sépare le duo amoureux presque incestueux et empêche un amour maternel impossible. De plus, Hitchcock est également convoqué dans le portrait de Colette : une jeune beauté, jeune miracle blond désirable et désiré des années 60.

Pour finir, il faut souligner les excellentes prestations des acteurs principaux. Oscar Isaac est en pleine ascension depuis Drive, c’est le nouvel acteur à avoir dans son film mais outre ce succès fulgurant, il est indéniable qu’il est très talentueux, intense dans son jeu et riche de nuances. Le couple Viggo Mortensen-Kirsten Dunst fonctionne merveilleusement bien et facilite la naissance de complexités et de pulsions nouvelles.

January 3

The two faces of January est LE film de l’été à voir absolument.

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