Un après-midi de chien

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Ce devait être un simple et rapide cambriolage. Mais au lieu de cela, le hold-up a duré toute une journée et s’est terminé en véritable drame. Sidney Lumet compose un film qui souhaite embrasser une véracité des faits et une exactitude du déroulement des évènements.

On retrouve notre très cher Al Pacino dans le rôle de Sonny, le cerveau du duo qu’il forme avec Sal, interprété par John Cazale, excellent d’ailleurs. Le tragique prend tout son sens avec l’échec inexorable de leur coup, d’une part par le dialogue qui s’installe entre Sonny et Sal, qui est de plus en plus désespéré et pathétique mais aussi par le fait qu’ils ne sont pas des professionnels du vol. Ce qui a motivé cette attaque armée, ce n’est autre qu’un problème très humain.

Sonny est dépassé par l’allure que les faits ont pris. Il est exaspéré, les nerfs à vif, il commence progressivement à perdre pied mais reste partagé entre la brutalité et la compassion qui le constituent. Sal incarne l’animalité sous son aspect le plus bestial et il est comme un animal en cage, prêt à tout instant à mordre ses proies pour sa propre survie.

Nous devons évoquer une scène mythique et culte. La sortie de Sonny de la banque, pour entamer les négociations avec le flic Moretti, est inoubliable. Il scande violemment « Attica ! Attica ! Attica ! » et la foule voyeuriste reprend son cri provacant et de désespoir. Son drapeau blanc en main, Sonny hurle cet éclat de liberté, de révolte et d’injustice à tue tête, c’est un passage très célèbre et d’une pure beauté cinématographique, du très grand Sidney Lumet.

Le duo Pacino-Cazale fonctionne à merveille, ils se connaissent très bien puisqu’ils ont tourné Le Parrain ensemble et cette proximité, cette affection est palpable dans leur relation. Mais nous les sentons aussi, paradoxalement, étrangers l’un à l’autre parce qu’ils ne se connaissent pas dans une telle situation. Leur réaction est différente et inattendue, ils ne se connaissent plus et ne se comprennent plus. Ils se cherchent, se perdent pour finalement se retrouver sur la banquette d’un autobus, au milieu des otages, les armes en main et les espoirs presque palpables d’un avenir nouveau et meilleur dans une contrée lointaine. Leurs aspirations seront vite balayées…

 

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