Un château en Italie

Ce Jeudi 24 Novembre 2013 a eu lieu l’avant-première du nouveau film de Valeria Bruni-Tedeschi, Un château en Italie, en présence de ses acteurs principaux, de ses co-scénaristes et d’elle-même. Nous avons été présentes et avons ensuite assisté à un débat autour du film, après l’avoir visionné.

D’entrée de jeu, Valeria Bruni-Tedeschi nous a confié qu’au fil du temps, elle commençait à être habitée par des préoccupations métaphysiques ; employons le mot. Cela se ressent dans son dernier film : la mort, la maladie, la transmission, la religion font l’objet d’une réflexion et sont au cœur de l’action diégétique.

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Valeria Bruni-Tedeschi devient Louise, une femme de la quarantaine, pas mariée, sans enfant, vivant seule, ancienne actrice. Si sa vie semble pleine de vide, le hasard lui permet de rencontrer un jeune et beau comédien au milieu d’une forêt. De cette rencontre s’ensuit un semblant de romance, où elle pense pouvoir effleurer le rêve de nombreuses femmes : devenir mère. Sauf que cet ange tombé du ciel n’est pas le parfait prince charmant. Sa jeunesse lui commande de profiter encore et de vivre, simplement vivre.

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Le lien de Louise avec la religion est assez intéressant à analyser. Un plan, plus particulièrement, a attiré notre attention : la voir allongée sur le sol, en position christique, les yeux fixés vers le lointain, nous a semblé être une image, filmiquement belle et presque hors du film. De plus, le talent de Tedeschi est de ne jamais orienter complètement son film vers une tonalité définie. Elle associe volontiers, et avec brio, l’humour et le tragique. Ainsi, quand elle pénètre dans une église et s’asperge d’eau bénite les parties intimes, nous ne pouvons qu’admirer la force comique de l’action. Il en est de même pour la scène où elle s’assoit sur un fauteuil ayant la vertu de favoriser la fertilité en bravant le refus des sœurs, désemparées et désespérées par son cas.

La mort, la maladie sont aussi les fils directeurs du film. Le frère de Louise est mourant, il a le sida et peu de temps pour apprécier le reste de sa vie. Valeria Bruni-Tedeschi fait le portrait de personnages qui ont conscience de leur finitude, tous sauf son personnage peut-être. À la mort de celui-ci, après un cri de douleur, c’est une musique légère et entrainante qui accompagne le deuil. Là encore le décalage est constant.

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Ce film traite aussi de la question de l’acteur et de sa relation avec le jeu. Tedeschi reste fascinée par cette problématique qui confronte le comédien a l’envie d’arrêter. Lors du débat, elle disait d’ailleurs avec ferveur : « Si un comédien ne joue plus, il meurt. » Cette déclaration est assez représentative de la vision de Tedeschi sur le statut du comédien et sur son engagement artistique.

Enfin, l’héritage, la transmission constituent une dernière problématique sur laquelle la réalisatrice s’interroge. Ce château en Italie symbolise cet héritage et la passation familiale. Ainsi, quand le châtaignier malade du jardin tombe, c’est toute l’histoire de cette famille qui s’écroule, c’est le symbole concret de cette page qui se tourne vers un avenir dépourvu d’héritage familial. Le dernier plan sur Louis Garrel, qui interprête Nathan, sous-entend ce saut vers l’avenir, ce saut vers un possible demain.

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