Le jeu d'acteur

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L’acteur constitue la pièce centrale d’un film. En général, par son jeu, il donne de la force et de la profondeur aux projets cinématographiques. Cependant, tous les acteurs ne se ressemblent pas et les méthodes de jeu diffèrent sensiblement.

Stanislavski a posé les jalons d’une méthode qui connaît toujours autant d’adeptes que lors de son élaboration. D’ailleurs, l’Actors Studio fonde sa formation sur cette technique de jeu. Ainsi, De Niro, Pacino, Brando ou encore James Dean ont souvent revendiqué cette appartenance et il est très facile de s’en rendre compte quand ils sont à l’écran. Cette méthode s’appuie sur le passé des acteurs, leur mémoire et leurs émotions personnelles de manière à faire ressurgir leur existence antérieure pour qu’ils l’utilisent dans leur performance. Les comédiens doivent dénicher en eux, la psychologie des personnages qu’ils incarnent. Parce qu’il s’agit bien d’incarnation et pas seulement d’interprétation d’un rôle. De sorte qu’il n’est pas étonnant de voir Robert De Niro prendre 30 kg dans Raging Bull ou James Dean convoquer son histoire familiale pour certains films d’Elia Kazan.

Pour ne rien vous cacher, nous sommes beaucoup plus sensibles à la méthode employée par Stanislavski, parce qu’elle invite les acteurs à s’impliquer pleinement dans les personnages qu’ils doivent porter à l’écran. Aucune distanciation n’est possible, un véritable corps à corps entre le comédien et le rôle se met en place, une complicité artistique née entre eux et il est toujours fascinant d’observer le degré d’assimilation qui se développe chez certains acteurs grâce à la stimulation de leur mémoire affective.

Il est tout de même nécessaire d’évoquer la technique de jeu sollicitée par Brecht. Souvent opposée à celle de Stanislavski, il convient de corriger certains éléments. Pour beaucoup, la méthode de Brecht s’appuie sur une recherche de distanciation mais, un paradoxe se manifeste déjà. Si un phénomène de distanciation est envisagé, il faut d’abord qu’une étape d’assimilation se mette en place. C’est après cette phase d’identification, que les acteurs doivent allier leurs efforts à l’éloignement sentimental et personnel des rôles qu’ils doivent interpréter. Chez Brecht, le public ne doit pas non plus tomber dans un réflexe mimétique parce qu’il doit comprendre la particularité illusoire déployée par les comédiens.

Ainsi, les techniques du jeu d’acteur oscillent toujours entre la recherche perpétuelle d’intériorisation du personnage et l’éloignement de celui-ci.

Il n’est pas question d’élaborer un jugement de valeurs mais plutôt de savoir dénicher les capacités de jeu, d’interprétation et d’investissement des différents acteurs de manière à intégrer de la force et de la profondeur aux films envisagés.

 

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