Deadwood

Deadwood est sans hésitation, la meilleure série western jamais réalisée à la télévision. Son créateur, David Milch, a confectionné un subtil mélange entre réalité historique et pure fiction et, grâce à cet équilibre, une profondeur et une complexité émergent des divers protagonistes durant les trois saisons.

Avant de devenir une puissante ville, Deadwood n’est rien d’autre qu’un simple camp où tout reste à faire. Ce camp attire très rapidement la convoitise et intensifie l’avidité des plus affamés de pouvoir. La mentalité américaine est l’objet d’une minutieuse dissection : l’esprit conquérant, la réussite personnelle, la loi du sang sont quelques caractéristiques qui ont permis à l’Amérique d’être ce qu’elle est aujourd’hui et nous retrouvons ces composantes habilement exposées dans la série.

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Comme le camp n’est encore qu’une ville à l’ébauche, des hommes usent de leur influence et confrontent leur domination pour s’emparer de son contrôle. Ainsi, Al Swearengen, Cy Tolliver, le shérif Seth Bullock ou encore le redoutable George Hearst se disputent les commandes de Deadwood en utilisant de nombreux stratagèmes plus ou moins sanglants.

Il faut dire que cette série d’HBO nous étonne profondément. En effet, nous n’avions jamais vu des destins aussi finement analysés et des personnages aussi sincèrement mis en scène les uns avec les autres. Les relations hommes-femmes ne sont jamais dénuées d’intérêt et si elles en sont dépourvues, la véracité des sentiments doit être étouffée. L’amour profond qui lie Bullock à la veuve et richissime Alma Garret ne peut réellement existé, tout comme celui qui rassemble Trixie et Sol Star, d’abord calculé puis par habitude, accepté.

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Le personnage le plus surprenant reste selon nous, Al Swearengen, propriétaire du Gem Saloon. Il est à la fois, haineux, violent, calculateur et d’un autre côté, protecteur, empathique et envahi par ses remords et son passé. Son équilibre, il le trouve pour un certain temps avec sa prostituée favorite, Trixie, mais là encore, leur relation n’est qu’une mascarade.

Le shérif Seth Bullock compte lui aussi parmi les personnages doubles. Justicier dans l’âme, tiraillé entre amour et devoir, un shérif écoute toujours cette deuxième part de son caractère. La passion fougueuse que lui propose Alma ne résistera pas au mariage éthiquement arrangé avec la femme de son frère défunt, Martha Bullock.

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Les conflits d’intérêt sont systématiquement résolus autour d’un whisky, dans un des deux bordels de Deadwood sous l’œil attentif des deux maquereaux du camp, Al et Cy. Nous sommes d’accord pour dire que l’esprit western n’a jamais été aussi bien pensé à la télévision. Les figures mythiques de Calamity Jane ou de Wild Bill Hickock sont adroitement incarnées et l’or, comme nouvel opium, permet malgré tout, l’élaboration d’une ville au destin favorable. À la fin de la saison 3, Deadwood est engagée dans une voie légale, celle des élections, mais elle ne pourra jamais oubliée ses fondations, qui furent celles de la manipulation, de la corruption et du sang. Le Bella Union et le Gem Saloon ne quitteront plus jamais vos pensées. Un pur western boueux et poussiéreux comme on les aime.

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