12 hommes en colère

Avec 12 hommes en colère, Sidney Lumet réussit à se hisser au rang des maîtres du huis clos. Ce genre cinématographique permet de maintenir une tension dramatique intense et de laisser la place à une parole psychologique qui devient très intéressante. Lumet a su saisir ces différents éléments et faire un film où le dialogue constitue une trame narrative très dynamique.

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La problématique que souhaite soulever Sidney Lumet s’articule autour du doute valable. Le débat est orchestré par le grand Henry Fonda et c’est lui qui fait chavirer les opinions des 11 autres membres. Les plans sont d’une efficacité remarquable, la lenteur qui caractérise les mouvements de la caméra permet une quête de la probabilité tout à fait idéale. Parce qu’il faut noter que ces hommes ont, pour la plupart, conscience qu’ils ne pourront jamais dénicher la vérité. Ils ne peuvent qu’admettre des explications probables.

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Ces 12 hommes doivent juger un gamin qui aurait tué d’un coup de poignard dans le cœur, son propre père. Si 11 membres sont d’abord certains que le gosse est coupable, Henry Fonda sème le trouble et l’incompréhension avec son vote « non coupable ». En effet, le spectateur est, en règle générale, systématiquement du côté des arguments de Monsieur Fonda puisque décider de la vie et de la mort d’un homme semble imposer un débat complet et précis. La majorité de ces hommes ne mesurent absolument pas la gravité de la situation et l’importance de leur vote. L’un est obnubilé par le match de baseball qu’il ne veut pas rater, un autre fait des gribouillis sur une feuille de papier, encore un autre, apparemment sur les nerfs, s’insurge violemment contre le questionnement d’Henry Fonda qu’il trouve simplement improbable.

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Ce sont donc ces hommes pour la majorité désintéressés du cas, qui vont décider en masse d’envoyer ce gamin de 18 ans sur la chaise électrique. Quelle chance pour ce gosse d’avoir Fonda parmi les membres du jury…

L’un des membres du jury met l’accent sur un point essentiel. En effet, Fonda rassemble tous ses efforts et formule son meilleur discours pour convaincre les 11 autres hommes. Mais, si le gamin était vraiment coupable, Fonda se battrait pour disculper un assassin et de cette façon, il convaincrait le jury de relâcher un meurtrier dans la nature. Dans tous les cas, c’est à double tranchant.

Néanmoins, Fonda oblige tous ces hommes à étudier correctement le dossier et à discuter très sérieusement, des faits et ceci n’est pas négligeable, qu’il soit coupable ou pas.

Si l’intégralité du film garde une pertinence constante, une scène est visuellement frappante. Un des membres, dans un raisonnement tout à fait généraliste et vague, tente de convaincre le jury de ne pas céder aux explications fictives et irréelles de Fonda. Mais tous, peut-être conscients qu’un doute valable est possible, se lèvent progressivement et tournent le dos à cet orateur borné et à ses considérations, par extension.

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Il n’en demeure pas moins, que Sidney Lumet pose des problématiques humainement essentielles autour desquelles gravite une unique recherche, celle de la vérité. In fine, Henry Fonda ne fera que dévoiler une enquête superficielle et réussira à mettre en exergue toutes les failles de celle-ci.

C’est un très grand film qui mérite d’être vu et qui développe chez le spectateur, une correspondance incroyable entre le faux et le vrai, la certitude et le doute. En somme, du très grand Lumet. 

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