La Haine

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Ce film de Mathieu Kassovitz met parfaitement en scène les aventures que traversent ensemble trois amis d’une cité de Paris. Il cerne à merveille cette haine qui habite tous les jeunes délaissés de la société et qui parvient à les conduire vers l’horreur du grand banditisme.

Dans les entrailles de la cité, les murs sont tagués et sur ceux-ci, on y voit inscrit, « l’avenir, c’est nous » ou encore « la ville est à nous ». La mise en évidence de ces slogans témoigne du malaise politico-sociétal qui gangrène progressivement ces jeunes.

Le trio d’amis représente la couleur des cités et c’est ensemble, qu’ils s’insèrent dans un combat national qui a pour but de défendre l’honneur d’un de leurs amis tués lors d’une garde-à-vue. Cependant, la conscience de l’un et la peur du deuxième, laisseront Vincent Cassel, appelé Vinz, seul, face à cette lutte pour la justice. Néanmoins dans la bouche de Vinz, il ne s’agit pas de la justice comme chacun peut l’entendre, il est question de la justice des rues, celle qui ne laisse aucune chance aux pourchassés, celle qui agit avec cruauté, celle au final, qui est dépourvue de loi.

La cité chavire à cause de la dérive de ces jeunes mais aussi à cause des garants de l’ordre, à savoir les flics. En effet, ceux-ci ne contrôlent plus leur autorité et le pouvoir que leur uniforme sous-entend. Ils ont face à eux des jeunes délinquants qui ont pour référence De Niro dans Taxi Driver ou le comportement des plus grands mafieux italo-américains. Ils ne maîtrisent ni les armes ni les trafics, ils sont des victimes au milieu d’un naufrage collectif. La scène finale éclaire cette idée.

L’ingéniosité de Kassovitz réside dans la structure même du film. Le fait de le planifier sur une seule journée, où le spectateur est témoin des heures qui défilent en vain, offre une tonalité tragique au projet. Nous nous rendons compte que cette journée-là ciblée par Kassovitz, est la même tout au long de l’année pour ces jeunes. Ils passent alors leur temps à voler des voitures, faire un tour au commissariat ou agiter des armes qu’ils découvrent. Rien ne les surprend, rien ne les étonne.

En résumé, ce film est efficace d’une part, pour le portrait psychologique de cette jeunesse qui est élaboré et d’autre part, pour l’agilité de Kassovitz à mettre à nue cette haine qui parfume les murs de la cité.

 

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