Rocco et ses frères

 

rocco-et-ses-freres-image.jpg

 

Coup de maître du grand Visconti. Rocco et ses frères dépeint ces immigrés épuisés sous le poids de la misère qui rêvent d'une vie meilleure à Milan. Finalement cet exode ne sera que la précipitation d'une fin tragique, d'un drame familial, d'un clan mené de front par la Mamma qui se déchire, se trahit, s'écartèle.

Le duo explosif Renato Salvatori/Annie Girardot est touchant dans sa difficulté d'aimer. C'est l'illustration pertinente d'un pauvre gars épris d'une prostituée à qui il promet une vie meilleure, un Eldorado inespéré et surtout irréalisable. Les rues milanaises enneigées et les fraîches nuits d'une ville figée par l'espoir inébranlable de réussite sont le décor permanent de ce film.

La compétition Delon/Salvatori est subtile dans sa fragilité : sur le ring de boxe comme aux côtés de Girardot, le match est continu. La volonté de préserver la cohésion de cette famille est bouleversante, les efforts sont vains et la scène finale en témoigne.

Insistons sur le déploiement de cette détresse fébrile de Salvatori tuant froidement la créature enchanteresse qui le fait sombrer dans une cruauté redoutable. Nadia (Annie Girardot) attendant dans une posture christique le coup de grâce incarne cette fatalité pesante. Le corps gisant vers ce lac gelé et le désespoir de Simone (Renato Salvatori) sont des scènes d'une incroyable finesse.

Rocco et ses frères, c'est aussi la découverte d'un Delon innocent qui fait ses premiers pas vers la complexité amoureuse, les rapports fraternels dans un Milan qui happe tout enthousiasme et nous laisse hagards.

Un chef d'oeuvre à l'italienne. 

 

rocco-et-ses-freres-rocco-e-i-suoi-fratelli-1960-portrait-w858.jpg

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×