Scarface

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Adorant le Scarface de Brian De Palma, nous avons pensé qu’il était assez indispensable de revenir à la « source », si on peut dire ainsi. Le film d’Howard Hawks célèbre d’abord un grand acteur, Paul Muni qui propose une performance mémorable, sensible et touchante.

Tony Camonte a soif de pouvoir et de domination. Son double, qu’il nomme l’apprenti, le suit comme son ombre jusqu’au moment de l’ultime trahison, quand sa sœur Cesca se perd dans les bras de son acolyte. On pourrait penser que la relation fraternelle n’est que légèrement esquissée, mais il n’en est rien. La subtilité de jeu des deux acteurs, met en exergue l’essence passionnelle qui les anime. La fin du film en témoigne suffisamment d’ailleurs. Camonte voit en sa sœur Cesca, une enfant sur laquelle veiller mais aussi une femme, une mère protectrice qui le rassure, le soulage et l’apaise.

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Howard Hawks élabore une fresque singulière de la ville de Chicago et de la prohibition. Les bénéfices de cette époque prolifèrent dans la poche des malfrats et la police, un peu dépassée par la tournure que prennent les évènements, répliquent eux aussi par la violence.

L’analogie établie par le chef de police, est d’ailleurs saisissante. En effet, il déplore les agissements de ces nouveaux hors-la-loi qui n’ont plus aucun code d’honneur et plus aucune conception de la loyauté humaine. Le temps des règlements de compte au Far West, est révolu. On ne se regarde plus dans les yeux avant de tuer, on ne s’affronte plus en duel mais on tue dans le dos, on attaque un homme en groupe et on corrompt même sa propre famille. Le profit est plus fort que tout.

Ce film reste une œuvre magistrale dans sa mise en scène et la vision d’Howard Hawks a profondément marqué les films de gangsters qui ont suivis. Néanmoins, un léger bémol vient entacher nos éloges. Nous restons mitigées sur le comportement de Camonte dans la scène finale. Sa sœur Cesca est morte, il est désormais seul contre tous, mais au lieu de mourir glorieux et digne, il gémit et sanglote. Nos réserves sont très certainement, influencées par un Al Pacino hallucinant et dégénéré en Tony Montana et donc, notre jugement n’est peut-être qu’un jugement personnel. Il est alors important de se rappeler, qu’un homme même bandit soit-il, reste un homme mais surtout, que le temps des cow-boys est achevé, comme nous le sermonne si bien le chef de police…

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