Who's that knocking at my door

Who’s that knocking at my door fait partie des premiers long-métrages de Martin Scorsese et laisse déjà supposer un horizon cinématographique poignant. En effet, on retrouve une thématique très chère à Scorsese, la thématique religieuse et on constate qu’Harvey Keitel s’inscrit comme son alter-ego dès cette première réalisation.

Les personnages sont très actifs d’un point de vue narratif. Les dialogues ont toujours une utilité dramatique et avec Who’s that knocking at my door, on parvient à déceler cette efficacité du langage, dans le sens où la parole apporte rythme et souffle à l’image. Une scène en particulier répond à cette spécificité linguistique : Harvey Keitel est assis aux côtés de Zina Bethune, ils attendent le ferry qui mène à New York et parlent cinéma, John Wayne et westerns. Scorsese révolutionne une simple scènette de dialogue avec des plans fixes en une scène dynamique qui s’articule autour de travellings et de mouvements lents de caméra.

Whosthatknocking pickup

Harvey Keitel qui parle cinéma, c’est comme si l’on entendait Scorsese lui-même. C’est pourquoi nous avons dit plus haut qu’il y a un lien très étroit entre ces deux hommes. D’ailleurs, cette relation se confirmera plus tard dans Mean Streets. La religion et ses dogmes ont toujours été des axes de lecture majeurs pour Scorsese. Le film commence par un premier plan fixe sur une Madone à l’enfant, l’ambiance est donc définie très rapidement. Tout le film est imbibé de cette veine sacrée et l’incarnation initiale de cette tendance religieuse n’est autre que la mère de Scorsese, Catherine Scorsese.

Catherine scorsese

Les dernières minutes sont également très intéressantes car Scorsese utilise un montage parallèle qui alterne entre Keitel qui se confesse et le jeune couple qui s’embrasse. Ainsi, le déchirement intérieur de Keitel est visuellement matérialisé par ce type de configuration cinématographique.

Au final, Scorsese finit par trancher et fait renoncer Keitel au mariage. Il renie cet amour naissant pour favoriser l’amour indéfectible de Dieu puisque le premier n’était pas pur et vierge. Scorsese achève alors son film sur un entremêlement entre images sacrées et images sexuelles et utilise un découpage très rapide de manière à mieux mettre en évidence les idoles. Déjà, c’est du Scorsese tout craché : Dieu est toujours le meilleur joueur, il remporte forcément la partie.

Keitel

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.